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Publié par David NOËL

Revue Historique 664Cette année, je me suis abonné à la Revue historique, en plus des Annales, des Annales d'histoire de la Révolution française et d'Historiens et Géographes.

La semaine dernière, j'ai donc reçu le numéro 665, le premier numéro de l'année 2013. Sur Amazon, j'ai commandé le numéro précédent, le numéro 664 consacré à Gabriel Monod et j'ai commencé à le lire.

Je viens d'achever la lecture de trois articles fort intéressants. J'ai commencé par l'article de Philippe Le Doze, maître de conférence à l'université de Reims, sur "Horace et la question idéologique à Rome : considérations sur un itinéraire politique". Le poète romain  dont le nom est inséparable du règle d'Octave Auguste a d'abord été un républicain, combattant aux côtés de Brutus et Cassius. L'auteur se demande si, du point de vue d'Horace, il y a eu revirement idéologique et conclue que non. Pour lui, il n'y avait pas d'idéologie républicaine opposée à une idéologie monarchique. Il n'y avait donc aucune contradiction, pour Horace, à critiquer l'orgueil de César, à approuver le tyrannicide des ides de mars 44 avant de célébrer le retour à l'ordre du principat.

J'ai ensuite lu l'article de Jean-Marie Moeglin, professeur d'histoire du Moyen-Age à Paris IV et directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes intitulé "Réécrire l'histoire de la Guerre de Cent Ans. Une relecture historique et historiographique du traité de Troyes (21 mai 1420)". L'auteur y explique que si le traité de Troyes signé par Charles VI et le roi d'Angleterre Henri V apparaît aujourd'hui comme un traité léonin, le discours sur la paix entre les deux royaumes qui y figure renvoie au traité de Brétigny-Calais de 1360. Sous le règne d'Edouard III, la Guerre de Cent Ans est d'abord présentée comme un affrontement chevaleresque du roi d'Angleterre contre Philippe VI de Valois, l'usurpateur qui lui a ravi son royaume. Le discours politique change alors qu'Edouard III tente d'arracher la Guyenne en pleine souveraineté et donc de négocier. Le préambule du traité de Brétigny-Calais déplore les malheurs de la guerre entre les deux royaumes. On ne parle plus d'affrontement chevaleresque entre deux rois, mais d'une guerre à laquelle il faut mettre un terme. En 1420, les mêmes phrases se retrouvent dans le traité de Troyes qui aurait pu être un véritable traité de paix. La mort d'Henri V et la reconquête française ont changé rétrospectivement la vision que nous avons du traité de Troyes.

J'ai également lu avec intérêt l'article de Laurent Joly, chargé de recherche au CNRS, "Gabriel Monod et l'Etat Monod. Une campagne nationaliste de Charles Maurras (1897-1931)". En 1897 puis en 1899-1900, l'historien dreyfusard et fondateur de la Revue historique a été la cible d'une campagne anti-protestante de Charles Maurras, publiée en plusieurs épisodes pour dénoncer la mainmise des protestants sur l'Etat français. Maurras dénonce "l'Etat Monod", cette République qu'il déteste et en laquelle croient des juifs et des protestants comme Gabriel Monod. Blessé par les attaques de Maurras, l'historien répondra par lettre à Maurras pour rétablir la vérité, des lettres que Maurras s'empressera de critiquer avec beaucoup de mauvaise foi dans les colonnes de l'Action française. En 1931, alors que Gabriel Monod est mort depuis longtemps, Maurras rassemble les épisodes de son feuilleton contre Monod dans un livre de souvenirs qui suscite une certaine incompréhension dans les propres rangs de l'Action française. Le petit-cousin de Gabriel Monod, adhérent de l'AF, démissionne. Cette réédition à contre-temps alors qu'au lendemain de la première guerre mondiale, les critiques antiprotestantes ont quasiment disparu du discours nationaliste s'explique par le caractère fondateur, pour Maurras, de ses attaques contre Monod qui s'inscrivent dans sa théorie des "4 Etats confédérés" qui se met en place dans ces années 1897-1900. 

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