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Vidéos APHG 59-62

Publié par David Noël

Le nouveau numéro de l'excellente revue en ligne Histoire@Politique vient de paraître. Cette revue numérique du Centre d'histoire de Sciences Po est entièrement en ligne et gratuite.

Daté de janvier-avril 2008, le quatrième numéro d'Histoire@Politique est consacré aux jeunes, sujets et enjeux politiques dans la vie politique française au XXème siècle.

La première partie du dossier est consacrée à l'étude des organisations politiques et de leurs jeunesses :

Christine Bouneau, maître de conférences à l'université de Bordeaux III, consacre un article à l'étude de la Jeunesse Socialiste, des années 1880 aux années 1960.

Cécile Sanchez, étudiante en master à l'université de Rouen, s'intéresse aux transformations qui touchent la Jeunesse Communiste dans les années 30. Dans un contexte de forte expansion des organisations de jeunesse, la JC s'inspire des méthodes de la JOC et se transforme en une organisation de masse, d'encadrement et de loisirs. De février 1934 à février 1937, le nombre d’adhérents à la Jeunesse communiste passe de 4 000 à plus de 100 000.

Jean Birnbaum, journaliste au Monde, s'est  penché sur le trotskisme français. Nées dans la marginalité au mileu des années 1920, les organisations trotskistes ont maintenu vivants non seulement un même discours, mais aussi une pratique militante qui se donne pour but de capter l’indignation « instinctive » de la jeunesse, et d’encadrer cette énergie subversive au sein d'une communauté de transmission, d’un collectif mémoriel et pédagogique. Pour Jean Birnbaum, c'est ce qui explique leur étonnante pérennité.

Jean Vavasseur-Desperriers, professeur à l'université de Lille III et spécialiste des droites modérées évoque la politique en matière de jeunesse menée par les organisations de droite de l'entre-deux-guerres. L'Alliance Démocratique et la Fédération Républicaine ont leurs organisations de jeunesse qui sont mal connues. Le PPF de Jacques Doriot met en place une organisation de jeunesse qui aurait compté 35 000 adhérents en 1937. Les autres ligues (Croix de Feu, Action Français, Jeunesses Patriotes) n'ont pas d'organisation de jeunesse spécifique, mais des "troupes de choc" (Camelots du Roi, Volontaires Nationaux, Phalanges) qui vendent les journaux et font le coup de poing à l'occasion.
Entre cercle d’études, axé sur la réflexion et l’entraînement à la joute oratoire, dans une perspective très parlementaire, militantisme activiste orienté vers la démonstration de rue et enracinement social, porté vers l’action caritative, trois formes se retrouvent dans pratiquement tous les groupes, à des degrés divers.
Comme le note Jean Vavasseur-Desperriers, "Les groupes « modérés » ont adopté des pratiques et des discours peu éloignés du militantisme activiste et le catholicisme social, référence répandue dans une bonne partie des troupes de la jeunesse droitière, a fortement stimulé l’action sociale aussi bien en milieu ligueur que dans une organisation liée au monde parlementaire, comme les JFR. Peut-être la tendance générale est-elle allée dans le sens d’un renforcement de cette action."

La suite du dossier de la revue Histoire@Politique nous entraîne en Alsace pour suivre la jeunesse alsacienne face à la question régionale durant l'entre-deux-guerres et s'intéresse aux Jésuites et à la jeunesse catholique dans l'entre-deux-guerres ou encore aux Chantiers de la Jeunesse mis en place par le régime de Vichy.

Entre 1940 et 1944, ce sont 400 000 jeunes Français qui effectuent un stage de huit mois dans les Chantiers de la Jeunesse. Véritable entreprise d’encadrement idéologique, le stage des Chantiers répond à une triple finalité : modeler une jeunesse virile et sportive, former des chefs et des propagandistes de la doctrine vichyste et participer au relèvement matériel du pays. Christophe Pécout, docteur en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) à l'université de Rouen montre bien l'attitude franchement hostile de la jeunesse française envers un stage vécu comme inutile, épuisant et abrutissant.
Indifférente à la Révolution Nationale, la jeunesse des Chantiers méprise les collaborationnistes de la LVF qui viennent recruter sur les Chantiers et refuse le Service du Travail Obligatoire en Allemagne. A partir de 1943, l'absentéisme explose et une partie des jeunes des Chantiers gagne les maquis tout proches.
Au final, "Certains, notamment les jeunes ruraux, ont pu trouver dans les Chantiers une vie semblable à celle qu’ils menaient auparavant. D’autres ont prolongé leur séjour et quelques-uns, très rares, ont même intégré la Milice. Toutefois, c’est bien une grande majorité qui a rejeté la vie et le discours pétainiste des Chantiers."

Nous renvoyons nos lecteurs au site
Histoire@Politique où les articles complets sont disponibles en ligne et peuvent être téléchargés et imprimés au format pdf.
Il faut saluer le travail des chercheurs et de l'équipe du Centre d'histoire de Sciences Po. L'existence de cette remarquable revue en ligne est un plus pour les historiens, pour les professeurs comme pour les étudiants et plus largement pour tous les militants du mouvement social qui s'intéressent à l'histoire politique.

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