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Publié par David NOËL

Que reste-t-il du communisme ? Un dossier à charge dans la Revue des Deux Mondes

La vénérable Revue des Deux Mondes a récemment fait parler d'elle quand le Canard Enchaîné a révélé le salaire mirobolant de Pénélope Fillon, grassement payée (5 000 euros brut par mois !) pour deux pauvres notes de lecture. Il faut dire que la revue conservatrice fondée en 1829 appartient à l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, un proche de François Fillon visiblement adepte du renvoi d'ascenseur. L'homme d'affaires a été mis en examen pour abus de biens sociaux le 14 mai dernier.  

La Revue des Deux Mondes est rare dans les kiosques, mais on la trouve au Cora de Courrières où je vais régulièrement faire mes courses. J'ai donc acheté le numéro de ce mois-ci pour consulter le dossier "Cent ans après la révolution russe, que reste-t-il du communisme ?". Je m'attendais au pire et je n'ai pas été déçu.

En ouverture du dossier, le philosophe Michel Onfray compare le cinéma d'Eisenstein à celui de Léni Riefenstahl. Comme la cinéaste allemande, Eisentein serait "un artiste de génie au service du mal". Onfray enfonce le clou : "Il n'y a pas de bonnes raisons d'estimer que le totalitarisme nazi et le totalitarisme bolchevique sont incomparables."

J'en vois pourtant quelques unes... Pour commencer, le terme de "totalitarisme bolchevique" me paraît hautement problématique.

Plus loin, on retrouve une interview de Stéphane Courtois par Valérie Toranian. L'auteur du Livre noir du communisme fustige Annie Lacroix-Riz et Alain Badiou. Il qualifie le mouvement "Nuit Debout" de "vaste blague" et brosse un panorama des anciens pays du bloc de l'Est où "les ex-communistes demeurent puissants, non à titre de communistes mais comme nomenklatura". Courtois ajoute qu'au niveau idéologique, le totalitarisme a disparu dans sa version dure dans l'espace est-européen, mais persiste dans sa version soft anti-européenne et anticapitaliste avec Die Linke en Allemagne. Il conclut sur le fait que le totalitarisme islamiste aurait aujourd'hui remplacé le totalitarisme communiste dont il partagerait le même antiaméricanisme.

Que dire ? ...

Après l'interview de Courtois, la Revue des Deux Mondes nous offre un extrait de l'avant-propos du troisième tome de l'histoire mondiale du communisme de Thierry Wolton. Après "Les bourreaux" et "Les victimes", Wolton s'intéresse aux "complices" et attaque en réalité tous les artistes et écrivains de gauche suspectés à un moment ou à un autre de sympathies communistes.

L'apothéose est atteinte avec un article de Franz-Olivier Giesbert, l'éditorialiste du Point, qui fustige le "communisme mou à la française", les fonctionnaires, la CGT, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Thomas Piketty, qualifié de "personnage comique" qui "déroule inlassablement le même discours à l'envers où toutes les vessies sont transformées en lanternes". 

Toujours dans ce dossier, on trouve ensuite un article de Didier Leschi qui se demande si la Révolution russe est encore une référence pour les gauches radicales. Didier Leschi évoque les courants trotskistes, les maoïstes et Alain Badiou qui "semble plus parler pour le futur que pour le présent". Didier Leschi montre aussi comment Jean-Luc Mélenchon préfère réactiver des références plus anciennes, à la Commune de Paris ou à la Révolution française plutôt qu'à 1917. L'auteur conclut assez justement que "dans le rétroviseur des gauches radicales d'aujourd'hui, l'image de la Révolution russe n'arrive plus à enchanter l'espoir d'un possible meilleur.

Le dossier sur le communisme se termine avec un article d'Aurélien Bernier consacré au revirement idéologique du PCF sur les questions européennes, qui expliquerait, pour l'essayiste passé par Attac et le M'PEP et partisan de la démondialisation, que les classes populaires se tournent vers le FN.

Au final, pas de surprise avec la lecture de ce dossier à charge sur le communisme. Il faut dire qu'on est dans une revue conservatrice qui a fait le choix d'un dossier insistant sur la nature criminogène du communisme avec une majorité d'auteurs conservateurs et farouchement anticommunistes. 

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